Aimé Césaire
Pour rendre hommage à Aimé Césaire, j'ai d'abord pensé puiser à la source vive de l'Afrique. Et graver en cet espace les mots de Birago Diop :
Le reste est arrivé comme une rage...
Quelle amertume ! Un poète est mort, et voilà que la Cité médiatique se répand en hommages. Rédemption commerciale, entre la poire et le fromage. La poésie pèserait donc quelque chose sur la balance des financiers et des marchands. Masse de vent. Masse de plume. Le poing de la négritude est loin. Le poing de l’humanité plus loin encore. Le Veau d’Or a étouffé la fraîche parole des sages. Qui donc pénètrera la voix d'ébène du clairvoyant ? Qui prendra l'esprit à bras-le-corps, Qui sucera la poussière rouge des vivants et criera la magie blanche du Verbe Noir ? Un poète est mort et la Cité agonise, panse éclatée, sous le ciel vide des errants.
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extrait
{ 19:52, 20/04/2008 }
{ posté par Anonymous }
Mon beau pays aux hautes rives de sésame
où fume de noirceurs adolescentes la flêche de mon sang de bons sentimentq!
Je bourlingue
gorge tendue à travers les mystérieux rouissements, les atolls enroulés, les têtards à face de molosse, les levures réticentes et les délires de tonnerre bas et la tempête sacrée des chromosomes;
(texte que j'ai trouvé dans un condensé de la revue Tropiques qu'Aimé Césaire avait fondé )
Bonne soirée à vous
Alice
{ 20:37, 20/04/2008 }
{ posté par johal }
Merci Alice pour ce texte rare. Pour y pénétrer la machette de l'oeil ne suffit pas toujours...
A.Césaire (Les armes miraculeuses)
{ 00:11, 21/04/2008 }
{ posté par 52 }
Nous frapperont l'air neuf de nos têtes cuirassées,
<br>Nous fraperont le soleil de nos paumes grandes ouvertes,
<br>Nous frapperont le sol du pied nu de nos voix
<br>Les fleurs mâles dormiront aux criques des miroirs et l\'armure même des trilobites,
<br>S\'abaissera dans le demi jour de toujours
<br>Sur des gorges tendres gonflées de mine de lait
<br>Et ne franchirons nous pas le porche
<br>Le porche des perditions ?
<br>un vigoureux chemin aux veineuses jaunissures tiède
<br>o$ bondissent les buffles des colères insoumises
<br>court avalant la bride des tornades mûres
<br>aux balisiers sonnants des riches crépuscules.
A.Césaire (Les armes miraculeuses)
{ 00:12, 21/04/2008 }
{ posté par 52 }
Nous frapperont l'air neuf de nos têtes cuirassées,
Nous fraperont le soleil de nos paumes grandes ouvertes,
Nous frapperont le sol du pied nu de nos voix
Les fleurs mâles dormiront aux criques des miroirs et l\'armure même des trilobites,
S\'abaissera dans le demi jour de toujours
Et ne franchirons nous pas le porche
Le porche des perditions ?
un vigoureux chemin aux veineuses jaunissures tiède
où bondissent les buffles des colères insoumises
court avalant la bride des tornades mûres
aux balisiers sonnants des riches crépuscules.
{ 20:50, 21/04/2008 }
{ posté par johal }
Oh ! la luxuriance du Verbe !
Merci 52 :)
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