Le Vent des Fous

Aujourd'hui

{ 06:52, 17/05/2008 } { 3 commentaire(s) } { Lien }

Aujourd’hui trois ans. Reconstruction en marche, non en dehors mais en dedans, non à côté mais au centre. Le fantôme du rayon vert hante encore les couloirs du présent. Et la baleine de nos pères balaie de son immense ventre le sable des tréfonds.

Aujourd’hui trois ans, un soleil blanc repousse peu à peu l’espace pour l’inattendu de la renaissance.
Laissez le jour dormir en paix.


***

Il a étiré son espace jusqu’à la limite de la rupture, et la rupture s’est faite, consciencieuse et fatale. Trois balles dans la tête, c’est à peu près ça. Trois balles qui ont méticuleusement crû, sans bruit, pas besoin de silencieux, le mécanisme est intégré ; trois balles, trois balles de cellules et tout s’effondre, et l’étirement se fait tumeur, les oiseaux se taisent et les enfants pleurent.

Quant aux plus vieux, ils essuient leurs larmes en espérant ne pas se pousser au suicide, je veux dire, au suicide intime, à la maladie qui sourd des chairs, rampante et fourbe. Se faire soi-même adventice, se faire soi-même fin et complice de la rupture, se faire soi-même maladie pour s’infiltrer sans bruit – quand c’est possible, mais ça ne l’est pas toujours, parfois les murs absorbent la rage et l’impuissance, laissant sur les côtes traces de poings et de sang – s’infiltrer sans bruit dans les filets de vie, réseau serré et fragile, où tout peut être fin, où tout peut être naissance, où tout est question. 




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{ 11:39, 17/05/2008 } { posté par annachinook }
tremble l'être
pas à pas
de lui-même

anna


tout est si fragile ... que sommes-nous au juste ?


{ 12:25, 17/05/2008 } { posté par johal }
Bonjour anna,
je ne sais pas, peut-être que la fragilité est un leurre, qu’au fond, au fond, quand on survit aux meurtrissures, la fraîcheur de la vie peut à nouveau surprendre. La nature offre sans distinction ses aubes et ses lumières au chêne comme à l’éphémère (un peu simpliste peut-être mais ce matin, je n’ai pas grand-chose d’autre en rayon)
Merci de ton passage et de tout le reste


{ 11:07, 18/05/2008 } { posté par Anonymous }
En ce matin de temps clos, regardons
la beauté des choses à dire ou à faire
révélée en éclats impromptus
le désordre d'un ciel de traîne
aléatoire, comme ce buvard
réinscrivant nos regrets
doute empressement horizon
en un reflet crucial
Quelques miettes
Sur l'échelle d'un temps
incompris si souvent.

Bon Dimanche chez vous et merci pour les commentaires que vous laissez régulièrement chez moi. Cordialement.
Alice

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