La terre...

Marie-Anne Poniatowska, Portrait de Zoran Music, 1995, ICI
La
terre a ses limites.
Elle
trace les frontières du corps.
Parfois
immense, touchant le ciel,
ou
réduit à un poing de muscle,
voici
mon antre et ma douleur.
J’ai
fait des chairs une partie de l’hors,
intouchable
mais
la douleur plus grande encore
s’est
abattue sur l’illusion.
Depuis,
je ne sais plus
cette
terre
ce
corps
je
ne sais plus si moi-même
est.
Le
soir s’écoule. C’est un fait.
Demain
est un fait encore.
Je
est plus trouble que jamais
Je
soir matin ciel terre
je
tout je rien
je
douleur et vertige
je
joie
je
ose
dire
je
dans
l’inconsistance
des
limites
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Si je savais…
{ 22:33, 10/07/2008 }
{ posté par Anony(pl)mous }
Si je savais…
« J’habite des naufrages »
(Louis Calaferte)
Toujours la question en chacun serait sa propre inquisition : qu’est ce qui me hante d’insigne, à défaut de perfection, qui aurait pu prendre la forme du langage transmuant l’impossible idéal en vérité, sereine concision.
J’évite le détour des images, le grain de la syllepse et les métonymies, le linge sur le fil qui trame des souvenirs, qui deviendraient… décombres. Est-ce que la mémoire aimante les tempêtes intérieures, ou bien s’accorde-t’elle à leur rythme incertain, la latence du doute et de l’absence ?
On peut être habité de la conscience des naufrages, sans jamais s’y noyer. Marcher au bord du gouffre est notre quotidien. Ce n’est pas un embryon d’aphorisme, simplement un constat d’ailes froissées, après l’échappée belle, dans ce qui ne fut qu’accident.
Si je savais… qu’il faille à la vie provisoire s’en remettre, pour fonder l’espace d’un instant respirable, non pas une limite cependant, mais un paysage changeant, une allée étroite qui diverge et rassemble en même temps néant et absolu, en un seul mouvement.
Effleurer éveille l’éternité de son sommeil de gisant.
{ 22:55, 10/07/2008 }
{ posté par johal }
« Effleurer éveille l’éternité de son sommeil de gisant »
mais la caresse est insoutenable.
Enfin, l’on vit, c’est un fait, je le dis avec des êtres simples, autrement m’est étranger. Et la vie s’étire dans d’insupportables sens.
Il y a ce mot, qui porte le possible et l’impossible, ce mot qui souffle sur mon échine la froide éternité, ce mot que furieusement ma raison cherche pour s’y contenir, ce mot…
Encore étourdie par le voyage... merci, le vertige est délicieux (celui-là, d'autres le sont moins)
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